Marcus Mosiah Garvey enfin gracié !
- 17 Jan, 2026
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Le 46ᵉ Président des États-Unis interpellé pour accorder sa grâce exceptionnelle à Marcus Garvey
Par Emmanuel Argo
Chairman, Africa Mundus Institute (AMI)
- Vice-Chairman, Marcus Garvey Institute, USA
- Membre du Conseil Suprême de la World Public Assembly
- Ancien enseignant des universités européennes et de la Faculté de droit de Rouen
- Contributeur à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud
- Membre de la Société d’histoire de l’Université d’Oxford et de Chatham House, UK
- Rapporteur du G8 Civil à Moscou, 2006
« Il n’y a pas de honte à DEMANDER. » Ainsi me répétait ma marraine Henriette dans les années 50, chaque jeudi, jour de congé, quand je l’accompagnais au marché en Martinique pour apprendre, plus tard, à m’y débrouiller seul.
Avant d’habiter les Terres Sainville, nous vivions au « Pont de Chaînes », quartier périphérique de Fort-de-France, capitale qui avait succédé à Saint-Pierre, anciennement surnommée « Le Petit Paris », détruite en 1902 par l’éruption de la Montagne Pelée. À l’époque, Fort-de-France était une ville animée, avec ses rues commerçantes aux noms toujours d’actualité : Schœlcher, Blénac, Perrinon, Lamartine, Victor Hugo…
Les commerces étaient variés : boutiques de vêtements tenues par des Syro-Libanais, Palestiniens et Franco-Israéliens, petits commerces italiens en périphérie, magasins de taille moyenne détenus par des Martiniquais békés et quelques Afrodescendants spécialisés dans l’électroménager. Chaque enseigne affichait fièrement le nom du propriétaire, signe d’un savoir-faire et d’une identité assumée.
Le long de la baie des Flamands, le cercle des négociants-importateurs regroupait les hommes autour d’un punch et de l’eau gazeuse locale « Didier ». Les commerces de quartier, tenus par des familles chinoises et afrodescendantes, vendaient fruits, légumes, épices, viandes et produits traditionnels. Les marchés aux poissons et vivres, très vivants, reflétaient une économie populaire et solidaire, où l’entraide et la courtoisie étaient des valeurs essentielles.
À travers ces expériences, ma marraine m’a transmis une leçon de vie : demander ne signifie pas faiblesse, mais confiance et solidarité envers autrui.
C’est avec cet esprit que j’ai, à la veille du départ du Président Joe Biden, estimé indispensable de solliciter la grâce de Marcus Mosiah Garvey. Accusé dans les années 1920 de fraude liée à sa compagnie maritime Black Star Line, Garvey avait été condamné à cinq ans de prison et banni des États-Unis. Pendant sept décennies, sa famille et des organisations de défense des droits civiques avaient plaidé, sans succès, auprès des présidents Clinton, Obama et Biden.
En tant que Vice-Président de l’Institut Marcus Garvey for Human Development aux USA, j’ai proposé mi-janvier 2025 de faire une dernière demande de grâce. Malgré les réticences de mes collègues, le Doyen Julius Garvey, fils de Marcus et âgé de 94 ans, m’a encouragé. J’ai donc interpellé directement le Président Biden : « Monsieur le Président, faites un dernier effort pour gracier in extremis l’honorable Marcus Mosiah Garvey ».
Sept jours plus tard, le 19 janvier 2025, le Bureau Oval annonçait que Marcus Garvey, en deuxième position, figurait parmi les cinq nouveaux citoyens graciés par le Président, en plus des 1 500 bénéficiaires de l’année 2024.
Je ressens une fierté immense d’avoir osé demander, malgré les critiques de certains se réclamant « plus panafricanistes que Garvey lui-même ». Cette audace s’appuie sur deux héritages : une éducation fondée sur la bienveillance et la solidarité, et une histoire caribéenne marquée par des figures comme Jacques Dessalines, Marcus Garvey et son fils Julius, Maryse Condé ou Frantz Fanon.
Un développement plus détaillé de ce plaidoyer et du concept de NégroÉvolution, que j’ai créé et qui s’inscrit dans l’esprit du panafricanisme de Garvey, sera publié prochainement.
Dans un monde en mutation rapide, les diasporas africaines doivent rester des partenaires centraux et préparer des solutions réalistes pour la survie culturelle et identitaire de nos populations, en favorisant notamment l’économie sociale et solidaire.
Je tiens à remercier chaleureusement le Dr Julius Garvey, Pierre Chaillan du journal L’Humanité, l’Ambassadeur honoraire d’Haïti Raymond Joseph et son frère Léo Raymond, sans lesquels ma demande n’aurait jamais retenu l’attention du Président Biden. Leur rôle permet aujourd’hui à cette décision historique d’entrer dans le patrimoine de la sphère Africa Mundus.
Fort-de-France, le 9 janvier 2026
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- Press release
- Oganisation:
- Chairman for the Africa Mundus Institute/AMI
- Writer:
- Emmanuel Argo*
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